Collection Losers
Christine (extrait)
On etait à l'école ensemble depuis que les garçons et les filles allaient dans la même et c'est la première sur qui les seins ont poussé, qui sont rapidement devenus bien ronds et bien gros et elle avait beaucoup d'énergie, avec un rire qui donnait bien envie mais j'ai été le dernier à qui les poils de couilles ont poussé alors on n'était pas vraiment fait pour s'aimer comme des possédés et c'est mon frère aîné qui s'en est occupé, pendant les années au lycée, parce qu'il était un peu obsédé...
Roulage de pelles à volonté avec tout ce qui se présentait de joliment bien fait du côté de la féminité, il faisait des scores honorables de grand consom-mateur avisé mais c'était toujours Christine sa préférée vers qui il venait et revenait...
Quand il est parti à l'armée c'était son officielle fiancée avec qui je passais les fins d'après midi. Un genre de confident du coeur à qui elle pouvait parler et moi ça m'excitait parce qu'il n'arrêtait pas de la tromper avec sa bonne copine Caroline et ça la faisait pleurer alors je la consolais mais j'avais surtout très envie de l'embrasser et puis la serrer et puis...
C'est arrivé une fois par hasard un jour de blues, juste un baiser volé qu'elle a été lui raconter juste après, c'était pas malin mais nom de Dieu, qu'est ce qu'elle embrassait bien...
Après l'armée il a repris le café, à ne plus arrêter de travailler enfermé et Christine qui n'avait pas encore 18 ans à ce moment là, ça ne l'amusait pas beaucoup tout ça mais lui il la voulait toujours à côté alors elle a fini par se barrer... Ça faisait des années que je lui disais vas-y alors le jour où c'est arrivé, j'étais ravi mais il est mort quelques semaines plus tard de ne pas l'avoir supporté, à lui faire des crises d'hystérie et du chantage qui a fini dans un carnage... La gueule explosée dans la voiture ratatinée, nous sommes allés le voir ensemble à la morgue le lendemain matin et sur la route quand elle a vu le tas de ferraille sur le côté elle a hurlé des larmes et arrivés là où il était, on n'a pas osé rentrer voir la tête qu'il avait...
Elle s'est marié un an plus tard avec Jean Louis, éducateur spécialisé de 10 ans son aîné qui l'a bien aidé à s'y retrouver mais elle voulait un enfant et lui pas question. Alors ils se disputaient et elle a avorté et après ils se sont séparés tout en continuant à se parler mais pour ce qui est de la sexualité partagée, c'était terminé...
Elle a vécu un peu avec Farhid que j'aimais bien et elle aussi parce qu'il la faisait jouir mais il était analphabète alors elle lui apprenait les verbes et la grammaire de l'école primaire mais ça n'a pas duré, trop compliqué à gérer dans les rapports du dominant et du dominé...
Après elle était désespérée à se voir vieillir, incapable de rien construire, surtout une famille pour jouer à la maman avec ses enfants et c'est à ce moment là qu'elle a rencontré Raoul, qui à mes yeux incarne au mieux ce qu'il peut y avoir de réalité derrière l'expression : "con comme une bite"... Un phénomène dans son genre cas social... Analphabète lui aussi mais surtout menteur, voleur, mythomane, frimeur, dragueur et certainement bon baiseur... Une vrai bite, con comme c'est pas permis mais content de lui, qui passe ses journées à dire de grosses conneries en parlant trop fort, qui n'écoute personne et qui n'entend rien à rien... (...)