Collection Losers

 

François (Extrait)

 

FRANÇOIS est passé hier midi me demander de venir voir ses peintures nouvelles chez lui, il s'y est remis et il avait besoin de mon avis...

J'y suis allé dans l'après-midi et il m'a tout déballé, des dizaines d'images en couleur, du figuratif et de l'abstrait, sur des grands formats, du tendre et du déchiré plutôt bien équilibré, ce qui m'a quand même bien étonné... depuis le temps que je le connais...

Tout petit il faisait des galipettes avec le sourire, tout le temps qu'il avait dans le sang et plus tard au CES j'étais en troisième quand il est entré en sixième. Pendant les récrés je le voyais souvent, entouré d'une brochette de mignonnettes qu'il captivait à se raconter toujours très assuré, frimeur mais séducteur, il les faisait craquer et ça a duré quelques années... Impressionnant de dextérité et de rapidité, je n'avais jamais compris comment il faisait pour s'en taper de pareilles quantités. Fluide et magnétique du regard il en a emballé comme ça des milliers de kilos de féminité qu'il consommait en gourmet attentionné, qu'il prenait ensuite un grand plaisir à venir me raconter...

Doigtés, pipes, branlettes partagées, succions, pénétrations anales et vaginales, tout le détail de la mise en scène et les circonstances dans les conditions et les positions, le lieu et la durée avant de lâcher la purée... Avec de grandes ambitions qui s'affirmaient, toujours plus de domination, les difficultés sont apparues au lycée, catholique et privé, un début de fixation malsaine sur les demoiselles friquées qu'il voulait toujours impressionner, et aussi leurs mères qui avaient vite fait de le repérer, il s'est fait jeter plus d'une fois comme ça, à vouloir trop en faire, trop vite, des gestes maladroits et des paroles qui lui faisait froid... Et il n'aimait pas quand les choses lui résistaient, ça l'énervait, hystérique et colérique...

Le jour où il a appris que sa première, il était bon pour la redoubler, il est allé signer deux ans dans la légion étrangère, sur un coup de tête, pour devenir une bête, un vrai guerrier sans état d'âme, une machine à tuer, un modèle de virilité. (...)